Située à quelques pas de l’église Saint-Gildas, la Chapelle du Saint-Esprit garde sa retenue... pour nous cracher en plein visage son volume intérieur. Elle sert actuellement de lieu d’exposition à des artistes de différentes disciplines : peintres, scultpeurs, mosaïstes...
Son histoire est longue, et les usages qu’on a fait de cet édifice alréen ont été multiples et variés.
La genèse de cette chapelle est parallèle à l’Ordre hospitalier du Saint-Esprit, créé en 1198 à Montpellier. La mission de cet ordre : faire preuve de charité et d’assistance à l’égard des pauvres et des malades.
Comme dans d’autres villes, des prêtres du Saint-Esprit choisissent la ville fortifiée d’Auray pour remplir leur mission "sociale". Ils font construire une chapelle à la fin du XIIIe siècle, début du XIV e siècle.
L’édifice est de forme rectangulaire, pour une longueur de 45 mètres sur 13,5 mètres de large. Sa hauteur pointe à 22 mètres. L’intérieur est illuminé par les sept baies en arc brisé.
Il faut imaginer la vie aux abords de cette imposante chapelle. Sur l’actuel parking se situaient les cuisines, les logements des prêtres et autres pièces. L’accueil des malades se faisait probablement dans un batiment au sud de la chapelle.
A un moment prospère (avec les rentes que lui rapportent notamment ses terres et fermes), la Collégiale du Saint-Esprit d’Auray connait finalement la décadence dès le XVe siècle. A tel point qu’aux XVIIe et XVIIIe siècles, on n’y accueille plus personne. Tantôt hopital militaire, tantôt grenier à grains... Le bâtiment tient tant qu’il peut, jusqu’à l’abolition de l’Ordre du Saint-Esprit par le Pape en 1762.
De chapelle à caserne
En 1795, la chapelle sert de prison aux émigrés de l’affaire de Quiberon. Plus tard, au XIXe siècle, Gabriel Deshayes, curé "marquant" d’Auray, y installe le collège de la ville.
Finalement, l’édifice religieux devient une caserne militaire, avec la rpeirse en main de la chapelle par le ministère de la Guerre en 1831. on l’appelle alors "la caserne du Guesclin".
Après la seconde guerre mondiale, les pompiers entrent à leur tour dans ce lieu très "prisé" d’Auray. La chapelle devient plus tard un lieu d’accueil pour les associations alréennes.
Pour sauvergarder le batiment qui se dégrade à grande vitesse, la chapelle est finalement "vidée" de tout corps résidant. On entreprend alors sa restauration et son classement aux Monuments historiques en 1982.
Unique en Bretagne, la Chapelle du Saint-Esprit est le plus vieil édifice alréen encore sur pied aujourd’hui.
