le 3 février 2006 par Pascal
Messages dans le forum:
3
Christophe Grébert habite Puteaux, dans les Hauts de Seine. C’est un putéolien. C’est aussi un blogueur, ou un blogger. Il édite le site http://www.monputeaux.com sur lequel il diffuse un contenu parfois critique à l’égard de la Mairie. Difficile de rester de marbre à la lecture du contenu.
Il semble que depuis un certain temps, la Mairie s’agace de façon boutonnique des ouvrages de gueule de ce citoyen. Aujourd’hui, la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris accueille les protagonistes pour un procès en diffamation. Christophe Grébert a publié sur son site en 2004, un extrait d’article du Parisien faisant intervenir une ex employée municipale s’épenchant sur certaines pratiques locales concernant l’attribution de marchés publics. Cet extrait était assorti d’un commentaire que je n’ai pas retrouvé. Le Parisien sera également de la partie, face à la mairie.
Action en diffamation donc... Christophe Grébert prétend à la liberté d’expression et indique que l’extrait fait partie de sa revue de presse. Pour lui la stratégie de la ville est évidente : en intentant contre lui une action en justice, c’est une façon de l’obliger à fermer... son blog parce qu’il n’aura pas les moyens financiers de préparer sa défense. Qu’il ait raison sur ce point ou non, une mobilisation importante a eu lieu lui permettant de récupérer près de 4000 euros de dons.
Diffamation ou pas ? Peut-on critiquer ouvertement un élu sur un blog ? Faut-il se taire lorsque l’on constate les failles de la démocratie locale ? J’espère que non. Mais il est aussi important de ne pas critiquer gratuitement. Assumer une commune, c’est assumer une responsabilité importante. C’est aussi parfois commettre quelques erreurs et le droit à l’erreur fait partie de la donne, tant que le droit au débat existe et qu’il est entretenu.
Nul doute que ce procès et ses résultats seront instrumentalisés à des fins politiques, mais il s’agit d’un procès phare concernant internet et la liberté d’expression en France. Il faut reconnaître un courage certain à M. Grébert.
|